Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 11:16

CONSEIL GENERAL DE LA NIEVRE

  SESSION DU 19 SEPTEMBRE 2011

 

Intervention de Fabien BAZIN

Président du groupe socialiste et apparentés

 

 

Pour rebondir sur les propos de Bernadette Larivé-Bruandet à l’instant, l’initiative du rachat de ce café par la communauté de communes est plus que de bon aloi, cher Christian Barle. En effet, et tel est le sujet, il est urgent aujourd’hui de faire l’union des forces.

 

Le Schéma de développement économique, tel qu’il nous est aujourd’hui présenté, recoupe au fond d’autres schémas. Je ne sais pas si cette considération est présente à l’esprit de tous nos collègues, mais le Grand Nevers travaille sur son SCOT, son Schéma de cohérence territoriale. Il s’agit bien, là aussi, d’organiser les flux économiques et les flux de population. Il est absolument indispensable d’avoir ce travail à long terme et de se projeter sur les dix ans à venir.

 

C’est le cas au niveau de la Région, comme vient de le rappeler M. le Président, sur ce Schéma de développement économique puisque c’est cette dernière qui a compétence en matière de développement économique.

 

C’est aussi largement le cas sur la question du numérique au niveau tant départemental, avec le Schéma départemental d’aménagement numérique du territoire, que régional avec la stratégie de cohérence régionale.

 

Nous sommes donc dans le bon tempo en ce qui concerne ce travail important et dense. En tout cas, ce qui a été dit ce matin était, de ce point de vue, de grande qualité.

 

En revanche, après avoir entendu les deux interventions, celles de Christian Barle et de Thierry Flandin, je m’interroge. Ma réaction serait de leur demander de se mettre d’accord. En effet, il n’est pas possible de dire, d’un côté, que le développement économique entraîne les services publics et, de l’autre, que les services publics, singulièrement celui de la santé, comme nous l’indiquait Thierry Flandin, sont absolument prioritaires et qu’il nous faut nous bagarrer.

 

Alors, de deux choses l’une ! Soit nous sommes sur cette position qui, de mon point de vue, est la bonne, s’agissant de faire à la fois du développement économique et du service public. Soit nous sommes sur une autre position bien plus illusoire, traditionnellement celle de l’Etat depuis plusieurs années, qui consiste à laisser entendre que le développement économique entraînera du service public.

 

Une démonstration nous a été faite ce matin sur les trois pôles qui construisent aujourd’hui l’économie de la Nièvre.

 

Premier pôle, c’est l’économie classique, c’est-à-dire l’économie productive que nous connaissons bien et sur laquelle nous ne sommes pas si mal placés, y compris en termes d’emplois industriels. A cet égard, l’économiste qui nous a fait la leçon ce matin était assez confiant en l’avenir.

 

Deuxième pôle, c’est cette économie résidentielle, avec tout cet enjeu de captation des flux financiers des retraités et des touristes. Sous cet angle, nous ne sommes pas non plus si mal placés.

 

Troisième pôle tout aussi important, même si la Nièvre a connu une forte destruction en termes d’emplois publics, c’est tout ce qui concerne la fonction publique, fonction hospitalière, fonction d’Etat et celle des collectivités. C’est un point tellement fondamental que nous nous inscrivons en faux depuis plusieurs années contre cette logique de révision ou de réduction générale des politiques publiques, qui a consisté de manière totalement aveugle à détruire de l’emploi public sans prendre en compte les besoins locaux, notamment en termes de médecine.

 

A ce propos, la suppression des services, telles les maternités dans les hôpitaux de proximité, est un élément extrêmement déstabilisant pour l’installation de nouveaux praticiens. Il faut savoir que, sortant du système universitaire, seuls neuf praticiens sur cent choisissent la médecine générale. D’une part, ils ne sont pas assez nombreux à la base. D’autre part, comment voulez-vous qu’ils viennent s’installer dans des territoires ruraux s’ils n’ont pas à proximité le plateau technique ?

 

De ce point de vue, et c’est aussi la fonction tribunicienne de ce Schéma en termes d’interpellation de l’Etat, d’abord, nous disons très clairement qu’il faut encadrer l’installation des médecins. Ils ne doivent plus aujourd’hui pouvoir s’installer dans des zones sur-dotées. Cela passe par une loi de la République. Ensuite, il faut rouvrir un certain nombre de services de proximité et je reviens aux maternités, que ce soit à Decize ou à Clamecy. Enfin, et Alain Lassus le dirait certainement mieux que moi, il faut travailler sur le salariat des médecins. Nous savons que c’est l’une des options qui se présentera dans les temps à venir. Ce dossier est, non pas du tout du ressort de la collectivité, sauf à déposer des vœux et à interpeller nos partenaires de l’Etat, mais réellement d’ordre législatif.

 

Par conséquent, je m’interrogeais sur la position qu’il fallait retenir du Groupe RAN, même si nous nous félicitons, bien entendu, qu’il vote le Schéma départemental de développement économique.

 

J’en viens à la question des banques.

 

Bien évidemment les collectivités locales sont clientes et ne se voient pas, pour la plupart d’entre elles, refuser de prêts par les organismes bancaires, et ce pour deux raisons simples : les collectivités locales, contrairement à l’Etat, votent des budgets équilibrés et soumis ensuite au contrôle de légalité. A cette occasion, il leur est assez clairement dit si elles ont capacité ou non à rembourser les emprunts. Il leur est aussi conseillé d’être en mesure de dégager tant d’euros sur le fonctionnement pour pouvoir garantir dans la durée le remboursement du capital et des intérêts.

 

Mais le vrai sujet bancaire n’est pas là aujourd’hui.

 

Le vrai sujet des banques dans la Nièvre, c’est le montant de l’épargne nivernaise prélevée et investie ailleurs. Là aussi, la régulation de ces flux qui nous échappent totalement relève du domaine législatif.

 

Des textes existent aujourd’hui, en l’occurrence des textes américains, sujet que nous avions d’ailleurs déjà évoqué dans cette enceinte. C’est la loi sur le « réinvestissement du crédit » et la loi sur « le petit business », selon la dénomination de nos amis américains. La première a permis de réorienter sur les territoires ruraux et sur les territoires défavorisés – nous parlerions en France de quartiers – des sommes considérables : 1 300 Md$ en trente ans ont été refléchés sur ces territoires. Comment ? Il a été demandé aux banques, et ce non pas de manière autoritaire, d’ouvrir plus largement leur offre de crédit.  Ce faisant, leur a-t-il été dit, elles seraient gagnantes !

 

Dans cet ordre d’idée, les crédits sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à être refusés et Patrice Joly a raison d’insister sur les difficultés auxquelles vont être confrontés nos petits entrepreneurs et nos PME avec les accords de « Bâle III » qui tendent encore à resserrer l’offre de crédit.

 

Aux Etats-Unis, la disposition législative précitée permet clairement de reflécher ce crédit sur ceux qui étaient sortis de cette offre-là ou, choix à la fois intelligent et intéressant, de demander à ces banques de subventionner les associations d’intérêt général et, au fond, de se substituer à la puissance publique. De fait, cette dernière pourrait flécher lesdits crédits qui allaient sur ces associations vers d’autres projets.

 

Avec un tel dispositif, tout le monde est gagnant et c’est ce que nous demandons aujourd’hui. Il n’est plus possible de vivre avec un système bancaire qui a perdu la tête. La plupart des banques sont aujourd’hui sur une logique spéculative et pas du tout ou plus du tout pour un certain nombre d’entre elles dans leur métier de banquier. Il faut réapprendre à reconstruire un système économique avec des partenaires bancaires fiables, ce qui passe probablement, là aussi, par l’appel à la loi et à une nouvelle législation.

 

Avant d’en venir à la question des voies de communication, j’évoque un instant ces affaires de démographie au regard des propos de Christian Barle.

 

Nous avons partagé ce matin ce constat d’un renversement démographique : ceux qui arrivent dans la Nièvre sont plus nombreux que ceux qui en partent. Certaines communes commencent même à  voir que leur solde naturel – je parle bien de solde naturel et non pas de solde migratoire – redevenir  positif. Nous sommes donc dans une logique démographique bien plus pertinente pour le développement économique qu’elle n’a pu l’être. Prenons acte de ce constat, sans y revenir en permanence.

 

Quant aux voies de communication, je continue de penser qu’il faut se féliciter du travail réalisé autour de l’A 77. S’agissant de cette fameuse liaison nord-sud, que n’aurions-nous dit si nous n’avions pas pu avancer !

 

Le dossier de la LGV dont nous espérons véritablement qu’il aboutira est aussi totalement indispensable au développement économique de la Nièvre. C’est, bien sûr, la liaison directe, en tout cas la liaison rapide entre Paris et la Nièvre, mais aussi et surtout – Didier Boulaud pourrait vous le dire mieux que moi – tout le travail d’irrigation du territoire via un réseau TER bien plus développé qu’il ne l’est aujourd’hui, afin de rabattre la clientèle sur la gare que nous espérons au plus proche de Nevers. Ce travail est encore devant nous.

 

Par conséquent, la liaison nord-sud est tout à fait importante et il n’est pas question de passer rapidement sur le sujet.

 

Par ailleurs, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur la liaison est-ouest. Je suppose que la plupart de mes collègues partage ce sentiment. Même si ce peut être un sujet tabou, cette fameuse traversée du Morvan, dont on a parlé et dont on parle plus ou moins clairement depuis des années et des années, pourrait être de nouveau étudiée. Il est clair que les enjeux écologiques, extrêmement forts, doivent évidemment être intégrés à la réflexion. Pour ma part, je propose volontiers que nous y travaillons dès maintenant pour une meilleure irrigation du Département.

 

Un troisième sujet n’a pas été évoqué, alors même qu’il me semble absolument indispensable en termes de perspective de développement économique : le haut débit et le très haut débit.

 

En termes de voies de communication, nous avons raté l’autoroute durant de longues années. C’est presque une gageure de le dire, mais ne ratons pas l’autoroute de l’information ! Le combat que nous avons à mener autour du très haut débit, que ce soit dans la partie rurale de la Nièvre ou dans sa partie plus urbanisée, n’est pas gagné d’avance. Je n’entre pas aujourd’hui dans les détails et j’espère que nous aurons un rendez-vous pour évoquer plus précisément ces points afin que chacun puisse appréhender la difficulté qui est devant nous. Mais nous sommes dans un dispositif qui a confié l’aménagement numérique du territoire au marché, lequel ne peut pas tout aujourd’hui. Il n’est pas en capacité d’investir sur des zones qui sont non rentables. En clair, il s’agit d’une partie de l’agglomération neversoise, y compris à l’intérieur de Nevers, et de la quasi-totalité des territoires ruraux. Si l’on s’en tient au plan national sur le très haut débit qui nous est dévoilé page après page ces dernières semaines, il ne sera pas satisfaisant pour l’ensemble du Département, c’est-à-dire, et j’y insiste, pour l’agglomération de Nevers et les territoires ruraux.

 

Ce Schéma départemental de développement économique que votera bien évidemment le Groupe Socialiste et Apparentés arrive au bon moment. Il reprend les arguments tout à fait essentiels pour penser la Nièvre des dix prochaines années. 2014 n’est qu’un rendez-vous d’étape. Il s’agit d’engager aujourd’hui cette construction avec volontarisme et partage. A cet égard, j’ai noté ce matin que de nombreux représentants du monde économique, syndicats, représentants d’entreprise, syndicats de salariés, ont validé ce que nous avons évoqué. Nous sommes sur la bonne voie. Il faut faire l’union des forces si nous voulons arriver à transformer l’essai, sachant que la Nièvre a su résister ces dernières années.

 

 

Par groupe socialiste - Publié dans : Sessions du Conseil Général
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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 09:30

Intervention de Patrice JOLY

Session du Conseil Général du 15 avril 2011

 

 

            Mes chers collègues,

 

 Après la session de droit qui suit le renouvellement de notre assemblée, nous devons aujourd’hui :

-         procéder à l’adoption de notre règlement intérieur,

-         mettre en place nos commissions de travail et désigner nos représentants dans divers organismes,

-         délibérer pour donner délégation à la commission permanente et au président sur certains sujets,

-         et enfin fixer le régime indemnitaire des conseillers généraux.

 

            A cet ordre du jour - qui répond aux obligations imposées par le code général des collectivités territoriales après chaque renouvellement – j’ai proposé d’adjoindre :

 

-         l’examen d’un rapport sur le relogement des services dans la Caserne Pittié sur lequel je reviendrai plus en détail tout à l’heure

-         et une présentation suivie d’un débat sur l’évolution de la carte intercommunale, sujet qui sera soumis dès le 2 mai à la commission départementale de coopération intercommunale que Monsieur le Préfet réunira dès que nous lui aurons communiqué la liste de nos 4 représentants et qui nécessite un débat préalable au sein de cette assemblée.

 

Je vous indique également que je suis saisi de trois motions présentées par le groupe socialiste et apparenté, qui vont vous être distribuées et qui seront débattues à la fin de notre séance.

 

En préalable et avant d’aborder l’ordre du jour de cette réunion, je souhaite vousprésenter la feuille de route de notre exécutif ainsi que les délégations et missions que j’ai confiées aux élus pour la mettre en œuvre.

 

Comme je vous l’ai exposé au moment de mon élection, c’est bien entendu de Nièvre 2021 et du travail collaboratif mené depuis 18 mois avec l’ensemble des acteurs locaux que sont issus les grands axes de la politique départementale que nous entendons mener au cours de ce mandat.

 

Nous avons signé, avec l’ensemble des chefs de file qui ont accepté de nous accompagner, le 7 avril dernier (pendant la semaine du développement durable), l’acte de candidature à la labellisation « Agenda 21 » de Nièvre 2021. Marquant ainsi notre volonté commune de bâtir un projet territorial durable et de fédérer les forces vives du territoire nivernais pour atteindre cet objectif commun.

 

Les 4 axes stratégiques retenus, structurent une vision partagée pour l’avenir de la Nièvre qui dépasse largement le cadre de nos compétences propres, pour associer à la démarche  l’ensemble des forces vives qui constituent les ressources humaines, économiques et culturelles de notre département.

 

Le Conseil Général est bien entendu un moteur essentiel de cette dynamique et il lui revient également la responsabilité de donner sens à son action politique quotidienne au regard des enjeux qui ont été identifiés collectivement.

 

Dans une société de plus en plus dure qui pousse au repli sur soi, nous voulons permettre l’épanouissement de chaque nivernais. Il nous faut œuvrer (c’est à la fois notre cœur de compétence et notre priorité politique) pour toujours plus de cohésion sociale, plus de solidarité, tisser un lien plus fort entre les générations, donner à nos concitoyens  les moyens de réaliser leur choix de vie dans notre département.

 

Revendiquer nos aînés, vivre ensemble autrement, créer du lien, c’est la mission qui est confiée à Jean Paul MAGNON, Vice-Président chargé de la Solidarité.  Solidarité qui ne se monnaye pas et ne peut être abandonnée au secteur marchand ou à l’assurance privée comme l’esquisse actuellement le débat sur la dépendance initié par le gouvernement.

 

Vivre ensemble autrement c’est aussi assurer la protection des enfants en difficulté sociale, familiale, et des enfants en danger qui nous sont confiés, c’est soutenir les familles fragilisées, assurer une qualité d’écoute et d’accueil en s’appuyant sur les diverses compétences professionnelles des services de notre institution, et Georges EYMERY, Président de la commission solidarité, a reçu délégation pour s’y consacrer. Il sera également, à ce titre, le président de la MADEF.

 

L’épanouissement des individus, que vise notre projet, passe également par un accès au logement digne, économe et socialisant, qui permette de répondre aux attentes et aux besoins qui se font jour, de lutter contre la précarité énergétique qui s’accroît au fur et à mesure du renchérissement du prix de l’énergie. Jacques LEGRAIN est délégué au logement avec pour mission de travailler à la réalisation de cet objectif. Il sera également candidat pour le Conseil Général et avec cette même ligne politique, à la présidence de Nièvre Habitat.

 

Enfin pour compléter les missions confiées dans le domaine de la solidarité et faire le lien avec l’axe consacré au développement économique et à l’emploi, Yvette MORILLON, Vice-Présidente à l’Economie Sociale et Solidaire, a pour pistes de travail : la sécurisation des parcours d’insertion et l’accompagnement vers un emploi digne et durable, la construction d’autres formes d’organisation du travail et de l’entreprise, la mobilisation de l’épargne locale, la valorisation des compétences et l’élaboration d’un pacte territorial d’insertion. Cette mission est importante et doit permettre d’ouvrir de nouveaux chantiers et de nouvelles perspectives pour ceux de nos concitoyens qui se trouvent, momentanément ou durablement, éloignés de l’emploi et se battent contre l’exclusion sociale qui en découle trop souvent. Dans ce cadre, Yvette MORILLON a vocation à rester présidente de la Maison de l’Emploi et de la Formation.

 

En 2021 la Nièvre ne sera réellement une terre d’épanouissement qu’avec la réalisation des deux chantiers suivants de cet axe :

 

La mise en œuvre des conditions d’un parcours éducatif global pour nos générations futures et c’est là le domaine d’intervention de Colette MONGIAT, Vice Présidente chargée de l’Education, de l’enseignement supérieur et de la recherche, domaine qui couvre la totalité du parcours éducatif et s’attache à donner aux jeunes nivernais tous les moyens de la réussite. Dans ce cadre, elle aura la charge de poursuivre la construction de l’image d’une Nièvre terre d’enseignement supérieur et de recherche, en favorisant le maintien et le développement des filières universitaires, et en faisant de la Nièvre un territoire de recherche, en favorisant notamment l’accueil de chercheurs.

 

Parallèlement à cela nous devons mener une politique culturelle qui s’appuie sur les dynamiques existantes et sur le foisonnement des initiatives pour construire l’image d’une Nièvre représentant  « la Bourgogne de la culture vivante », c’est la mission confiée à Jean Louis BALLERET vice-président à la culture et qui justifie également que nous le proposions pour la Présidence de l’Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC).

 

Ces deux derniers chantiers se complètent avec la délégation aux sports confiée à Lucien LARIVÉ qui sera le lien avec le monde sportif et l’animateur de notre politique en la matière

 

Si nous avons décidé de résolument revendiquer nos aînés, c’est à dire l’âge de notre population pour le potentiel que cela représente, nous considérons aussi que la jeunesse porte l’avenir de notre territoire. C’est naturellement à notre benjamine, Delphine FLEURY qu’est confiée cette mission d’animation du secteur de la jeunesse qu’elle exercera dans le cadre de sa présidence de la commission éducation, culture, sports.

 

Pour rendre la Nièvre naturellement attractive, qui est notre second axe d’action :

 

Il nous faut :

-         améliorer le désenclavement interne et externe de notre département (A77 à achever, ou l’enjeu de la LGV),

-         renforcer l’offre de mobilité en direction des nivernais et avoir pour objectif de réduire au maximum les effets néfastes de nos déplacements sur l’environnement, c’est le challenge qui est confié à Bernard MARTIN, vice président aux infrastructures et à la mobilité.

 

Il nous faut également protéger et valoriser nos espaces naturels et nos paysages, maîtriser nos déchets, développer les énergies renouvelables, c’est la mission qui revient à Michel Poinsard, vice-présidentt chargé des espaces naturels, de l’énergie et de l’environnement qui devra également travailler à l’élaboration du plan départemental énergie-climat.

 

Enfin nous devons nous appuyer sur le schéma de développement touristique durable pour développer l’attractivité de notre département et valoriser nos atouts, nombreux,  c’est la délégation que j’ai confiée à Jean-Louis LEBEAU, qui sera également notre candidat à la présidence de l ’Agence Départementale de Développement Touristique.

 

L’ambition annoncée par Nièvre 2021 est de faire de la Nièvre un laboratoire de l’Eco-Développement, ce chantier recouvre plusieurs champs d’action du Conseil général :

 

Le développement économique, dont j’assumerai moi-même la responsabilité et que nous voulons fondé sur les piliers du développement durable se déclinera au travers d’un schéma départemental du développement économique. Il fera une place de choix au développement d’un pôle de mobilité durable et au projet de véhicule de demain qui se travaille actuellement avec l’ensemble des acteurs de la filière automobile, au sein du pôle de la performance de Magny-Cours.

Pour agir, il nous faudra revoir nos partenariats afin de les rendre encore plus performants dans l’accompagnement des investisseurs ; pour cela nous devrons notamment travailler sur l’avenir de Fibre Active.

 

Notre département subit les conséquences économiques et sociales de la crise économique qui s’est traduite par une perte importante d’emplois industriels et par une fragilisation de notre tissu de petites et moyennes entreprises. Cela rend d’autant plus indispensable une connaissance précise du tissu industriel local qui nous permette d’anticiper ses évolutions et de rechercher des pistes de développement. C’est  ce qui m’a conduit à confier à Michel MULOT une mission de veille économique et industrielle.

 

Pour assurer la transmission des entreprises commerciales et artisanales, renforcer l’offre de services sur nos territoires, développer le maillage des services de première nécessité, Jocelyne GUERIN, également présidente de la commission aménagement du territoire, reçoit une délégation au Commerce à l’artisanat et aux services.

 

 

Daniel BARBIER, vice-Président à l’agriculture, à la forêt et aux ressources naturelles, s’attachera quant à lui au développement des circuits courts, des stratégies de niche et d’avenir de l’agriculture, avec un axe particulier en direction de l’agriculture biologique, de la filière bois, et à l’élaboration d’une charte départementale pour la préservation et la valorisation de la ressource en eau.

 

 

Le dernier axe de notre projet, dans l’ordre mais pas dans l’importance, est la Nièvre créatrice de liens,

 

Au-delà de la solidarité entre les hommes que j’évoquais plus en avant dans mon propos, la solidarité entre les territoires est d’abord affaire de liens et de communication. Fabien BAZIN, vice-Président aux Territoires et aux TIC, aura pour mission de nous faire franchir une nouvelle étape vers la Nièvre numérique du 21ème siècle visant le Très haut débit après que nous ayons permis aux nivernais d’avoir accès au haut débit, et développer des techniques toujours plus innovantes, comme celle de la clé Wimax inaugurée cette semaine, qui permet le nomadisme des communications.

 Dans le même temps il travaillera à la cohésion et à l’organisation de notre territoire départemental et je proposerai qu’il assure la présidence de Niverlan, le syndicat mixte que nous avons constitué avec l’agglomération de Nevers pour réaliser la boucle haut débit.

Dans ce domaine comme dans d’autres, la liaison entre le Conseil Général, la Ville de Nevers et l’agglomération peut être essentielle pour l’avenir de notre territoire. Afin de contribuer à renforcer nos liens et nos coopérations, j’ai demandé à Delphine FLEURY d’être la référente du département sur ce secteur, ainsi que sur celui de la politique de la ville.

 

L’offre de soins, l’accès aux services de santé et la démographie médicale sont des priorités bien identifiées pour nos concitoyens qui voient avec angoisse la désertification médicale s’installer et espèrent des initiatives locales pour y remédier, Alain LASSUS poursuivra la mission qu’il remplit dans ce domaine depuis 2008 et qui a déjà permis d’avancer des solutions qui se concrétisent petit à petit.

 

 

Cette volonté politique tournée vers la Nièvre et vers les Nivernais doit bien entendu s’accompagner d’une démarche propre à notre institution qui fonde et donne du sens à notre action, et  fasse du Conseil général de la Nièvre une collectivité exemplaire

 

Nièvre 2021 nous invite à repenser nos partenariats avec les organismes bancaires et avec nos autres partenaires financiers, et à faire évoluer nos pratiques dans le domaine de la commande publique.

 

Il nous faut en effet user de ces leviers pour renforcer la dimension environnementale, sociale et éthique dans nos marchés publics et donner un caractère exemplaire à la pratique de notre institution. C’est la mission qui est dévolue à Henri MALCOIFFE, vice-président aux Finances et au Budget, auquel j’ai décidé également de confier la présidence de notre commission d’appel d’offres.

 

            Cette politique devra également s’articuler et trouver sa traduction, au sein de l’institution départementale, dans le projet de services Nièvre 2021. Ce projet de services en cours d’élaboration sera placé sous la conduite de Constantin RODRIGUEZ qui en sa qualité de questeur, et de président de la commission des finances et des moyens, veillera à l’utilisation des moyens humains et matériels de  notre institution. Il devra s’assurer que les dimensions environnementales, éthiques et sociales sont toujours placées au centre de nos préoccupations et qu’elles sont intégrées dans l’action de terrain et au sein de nos services.

 

            Enfin, je voudrais compléter mon propos en vous indiquant que j’ai décidé de demander àGuy HOURCABIE d’exercer en mon nom la présidence du SDIS qui revient de droit au président du Conseil Général. Nous avons tous apprécié la manière dont il s’est acquitté de cette tâche au cours du mandat précédent et la reconnaissance dont il dispose auprès des sapeurs-pompiers. Il m’est apparu évident qu’il fallait qu’il continue.

Mes chers collègues, j’en ai terminé avec cette présentation, un peu longue, mais nécessaire pour éclairer la voie que nous allons suivre collectivement dans les mois et les années qui viennent.

 

Venons-en si vous le voulez bien à l’ordre du jour proprement dit :

 

Notre proposition de règlement intérieur vous a été remise le 31 mars dernier.

 

Comme vous avez pu le constater, il n’y a pas de changement de fond sur la première partie qui reprend les dispositions antérieures mais les réorganise en deux titres :

-         l’un regroupant les dispositions relatives aux organes du département

-         l’autre ayant trait à l’organisation des séances du Conseil Général

 

L’innovation vient de la création d’un titre 3 qui s’intitule : « de la démocratie locale »,  et inscrit dans notre règlement la pratique démocratique et participative de la consultation des nivernais.

 

Nous proposons d’y intégrer l’organisation des rencontres cantonales, de la conférence des partenaires, qui n’y figuraient pas jusqu’à présent, et la rencontre partenariale annuelle prévue par notre projet Nièvre 2021.

 

Nous prévoyons également le recours à deux dispositions prévues par le code des collectivités territoriales, que sont :

 

La consultation citoyenne qui peut être organisée sur décision de notre assemblée pour des affaires relevant de notre compétence, sur tout ou partie du territoire départemental.

 

Et l’ouverture de débats à l’initiative des citoyens qui donnera la possibilité aux nivernais de demander l’organisation d’un débat au sein de l’assemblée sur des sujets d’intérêt général concernant le département.

 

            Ces deux dispositions nouvelles répondent à une volonté de faire participer plus étroitement les nivernaises et les nivernais aux décisions et aux choix de société que nous effectuons en leur nom.

 

            Dernier point concernant le règlement intérieur, je vous suggère, si vous le voulez bien un amendement mineur aux articles 12 et 13 je propose de remplacer la dénomination de la « commission finances et administration générale » par « commission des finances et des moyens »

 

Si vous êtes d’accord avec ces propositions je vous demande de bien vouloir le manifester par votre vote

 

Y a t’il des demandes de parole sur cette question ?

 

Sur les questions institutionnelles qui vous sont ensuite proposées : indemnités des élus, délégations à la commission permanente et au Président, rien de particulier à signaler, nous sommes dans la reconduction des dispositions antérieures.

 

Je vous propose de les examiner successivement  avant d’en venir à la composition des commissions.

 

 

-         délégations à la commission permanente :

 

Je vous propose d’accorder délégation à la Commission Permanente, en dehors des périodes de réunion du Conseil Général, pour appliquer les décisions de l’Assemblée départementale en toutes matières autres que celles énumérées à l’article L. 3211.2 du Code Général des Collectivités Territoriales, telles que les compétences déléguées par l’Assemblée départementale au Président, les décisions relatives à la gestion du personnel de la collectivité, les décisions de représentation du Conseil Général auprès de tout organisme ou autre entité,  l’adhésion ou la participation du Conseil Général à tout type de structure.

 

Cette proposition appelle t’elle un commentaire ? je la soumets au vote.

 

 

-         délégations au Président :

 

Il vous est proposé comme le prévoit le code général des collectivités territoriales de me donner délégation :

 

-         En matière de marchés à formalités adaptées 

-         En matière de gestion de la dette

-         En matière d’actions en justice 

 

-         de me déléguer le pouvoir de réaliser les diverses opérations en matière d’emprunt, de finances, d’assurances et d’urbanisme, énumérées précisément dans le corps du rapport qui vous a été remis et dont je vous épargne la lecture détaillée.

 

L’assemblée sera  informée  des actes pris dans le cadre de ces délégations.

Avez-vous des remarques ? je mets aux voix ces deux rapports.

 

-         Indemnités des élus :

Je vous propose de renouveler dans les mêmes conditions que précédemment le régime indemnitaire des conseillers généraux, c’est à dire le taux maximum autorisé par la loi du 3 février 1992.

Je mets ce rapport au vote

 

-         dernier rapport consécutif au renouvellement de notre assemblée :

 

La composition des commissions de travail et d’étude et la désignation des représentants du Conseil général dans les différents organismes a fait l’objet de réunions de travail avec les différents groupes politiques représentés au sein de notre assemblée et d’un consensus sur les propositions qui vous sont déposées sur table, ce matin.

Une seule petite modification : l’ajout de la désignation d’un titulaire et d’un suppléant pour représenter notre assemblée à la commission départementale de la consommation des espaces agricoles, créée par la loi du 27 juillet 2010, pour laquelle nous avons reçu mercredi une sollicitation de la part de la direction départementale des territoires de l’Etat.

Je vous propose de désigner : Monsieur Daniel Barbier, Vice-Président à l’Agriculture comme titulaire, et Monsieur Bernard Martin comme suppléant.

Cette nouvelle commission a été intégrée dans le document qui vous a été remis ce matin.

Je vous propose donc, si vous en êtes d’accord de procéder à un vote global sur ce document et sur l’ensemble des représentations qu’il contient.

 

Mes chers collègues je vous remercie.

 

- Caserne Pittié

 

La suite de notre ordre du jour appelle l’examen du rapport concernant le relogement des services du conseil général à la Caserne Pittié, rapport dont je vais vous exposer les grandes lignes avant de vous proposer, pour être en accord avec les dispositions du règlement intérieur que nous venons de voter, une suspension de séance d’une quinzaine de minutes pour permettre à la commission des finances et des moyens de se réunir pour donner son avis et désigner un rapporteur.

 Comme vous le savez, Une procédure de désignation du titulaire d’un Contrat de Partenariat avait été lancée le 1er octobre 2010, sous forme d’Appel d’Offres restreint, en vue de reloger une partie des services du Conseil Général dans les bâtiments de l’ancienne caserne PITTIÉ.

 

La Commission Spécialisée réunie le 25 février 2011 a, à l’unanimité, rendu un avis selon lequel la procédure était sans suite et infructueuse. Avis partagé par la Commission Permanente réunie le 7 mars 2011 qui a déclaré la procédure sans suite et infructueuse et a proposé qu’une nouvelle procédure soit lancée sous forme de dialogue compétitif, afin de favoriser les échanges avec les candidats dans le but de faciliter l’adéquation entre les besoins de la Collectivité et les propositions des candidats.

C’est le lancement de cette nouvelle procédure au plus tôt pour éviter de prendre un retard supplémentaire dans ce dossier qui justifie notre délibération de ce jour et la fixation d’un nouveau calendrier.

 

Et donc si vous en êtes d’accord je vous propose de suspendre momentanément notre séance pour permettre à la commission de se réunir.

Par groupe socialiste - Publié dans : Sessions du Conseil Général
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 09:34

Election présidence du conseil général de la Nièvre 31 mars 2011

 

Discours d'investiture

 

Chers collègues, conseillers généraux Monsieur le préfet,

Mesdames et Messieurs les membres des autorités civiles et militaires, Chers collègues élus, Chers amis,

Chers agents de notre institution départementale

Chers compatriotes nivernais,

Chers amis du canton de Montsauche-les Settons

 

Remerciements

 

Je vous remercie de la confiance dont vous venez de me témoigner en m'élisant à la présidence de notre assemblée.

 

Je veux au préalable, formuler des vœux de réussite aux nouveaux élus, titulaires et à leurs suppléants, saluer les autres, ceux qui restent et, enfin, remercier ceux qui viennent de quitter l'assemblée pour le travail accompli.

 

Je suis très sensible aux propos amicaux de notre collègue et bref président d'âge Michel Poinsard, et conscient des enjeux auxquels nous avons collectivement à faire face, comme de la responsabilité qui est désormais la mienne auprès des nivernaises et des nivernais.

 

C'est à eux que je pense aujourd'hui, à leurs attentes à notre égard qui sont grandes, au mal être qu'ils ont exprimé face à une société de plus en plus créatrice d'angoisse et de doute. Doute pour l'avenir économique, social et écologique de notre pays, de l'Europe et même au-delà, comme l'actualité nous y invite chaque jour, pour le devenir de nos sociétés occidentales et la préservation de notre planète.

 

Il y a néanmoins des raisons d'espérer et je veux les souligner. Je pense bien évidemment aux évènements dans les pays arabes ou plus exactement à la révolution démocratique arabe qui est en cours : aspiration démocratique qui invalide les tenants d'un relativisme culturel à propos du caractère universel des aspirations démocratiques ; il y a bien une tendance structurelle des individus à la recherche de leur émancipation, à la maîtrise de leur destin, à une envie de politique, à faire fonctionner la démocratie. C'est réjouissant et porteur à terme d'espoir pour la construction d'un monde plus juste.

 

Mais même cela - tant que la révolution n'a pas abouti - c'est source d'angoisse puisque ce n'est pas toujours sans incidence sur notre économie notamment ; il n'y a qu'à voir ce que cela engendre du point de vue des prix de l'énergie.

 

Nous vivons ainsi désormais tous dans un monde de plus en plus global et nos concitoyens attendent, ce qui peut apparaître paradoxal, de nous, élus de proximité, des réponses locales à ce désordre global.

 

Les enseignements du scrutin des deux dimanches précédents.

 

Ces inquiétudes se sont malheureusement traduites, cette fois, par une défiance à l'égard du fait politique et une progression de l'abstention. C'est le 1er enseignement de ce scrutin.

 

Cet abstentionnisme témoigne d'une force de contestation du politique ; cette contestation est liée à un amalgame entre les comportements inqualifiables de certains élus nationaux ou locaux et la très grande majorité de ceux qui s'impliquent sincèrement ; mais en définitive elle repose surtout sur le renoncement de certains politiques à vouloir influer voire tenter d'inverser le cours des choses en laissant libre cours à l'exercice des lois du marché, c'est-à-dire à la compétition et en définitive à la loi du plus fort. C'est aujourd'hui ce qui guide les politiques gouvernementales.

 

L'abstention et le refuge dans le vote d'extrême droite sont des marqueurs des ruptures et des déchirements de la société dans laquelle nous vivons, des cris portés contre l'injustice sociale et contre l'injustice tout court que nos concitoyens nous adressent. Ils doivent tous nous interpeller et nous rappeler qu'il y a dans notre République des valeurs avec lesquelles on ne peut pas tergiverser.

 

Comment ne pas être aigri lorsque son travail n'est pas rémunéré à sa juste valeur parce que l'évolution des prix ou l'exacerbation de la mondialisation fait perdre des clients ou du revenu ; je pense à l'agriculture et aux petites entreprises du commerce et de l'artisanat ; comme le disait le responsable du principal syndicat professionnel, il faut repenser le modèle agricole français ; nous avons vocation à y apporter notre contribution dans la Nièvre ; c'est un des axes de Nièvre 2021 avec le développement des filières courtes ou encore des labellisations ou marquages de qualité de nos productions.

 

Comment ne pas être aigri quand l'on vit dans l'insécurité du lendemain pour son emploi ou lorsque l'on peine pour trouver un travail.


Comment ne pas être aigri quant à longueur de semaines on se fait avoir, ou on a l'impression de se faire avoir, avec des contrats incompréhensibles pour l'électricité, le gaz, le téléphone, Internet ....

 

Comment ne pas être aigri lorsque l'on voit le retrait de l'Etat, historiquement protecteur, se poursuivre voire s'accélérer dans des domaines aussi fondamentaux que l'école (nous en reparlerons demain en conseil départemental de l'éducation nationale) ou la santé dont nous subissons les conséquences dans tous les secteurs du département. Que l'on sache bien que sur ces deux secteurs clés pour la garantie de l'égalité des chances, je serai intraitable et qu'ensemble avec les conseillers généraux de la majorité nous saurons mener les combats où il le faut et comme il le faut.

 

Ce retrait de l'Etat se constate également à travers les transferts effectués à notre collectivité. A cet égard, soyez assurés que nous poursuivrons la démarche contentieuse entreprise envers l'Etat pour obtenir notre dû en compensation des charges transférées.

 

D'une manière générale je veux que l'on soit assuré que le département de la Nièvre sera un partenaire loyal de l'Etat, des autres organismes publics ou privés, des entreprises, des associations, des fédérations mais qu'il sera intraitable envers ceux qui ne le respecteront pas ; il n'y aura aucune réticence pour faire respecter la loi ou les conventions, c'est-à-dire à faire valoir le droit, nos droits.

 

Un second enseignement de ces élections est l'évaporation de la droite républicaine en France et malheureusement dans notre département : par le résultat mais surtout par la posture à l'occasion du second tour ; je dois dire que les propos tenus ou les prises de positions lors de ces élections sont pour moi incompatibles avec ce qui fait le cœur des valeurs de notre République. Je le regrette vivement.

 

Ces positions des uns des autres devront être prises en compte à l'occasion des représentations du conseil général le 15 avril prochain.

 

 

Le troisième enseignement important et peut-être le principal tout de même, c'est globalement la très bonne tenue de la gauche, celle qui porte les valeurs de solidarité et d'écologie au sein de laquelle le parti socialiste a une fois encore été légitimé et même conforté. C'est une victoire du parti socialiste en France et dans ce département.

 

A cet égard, il faut rappeler que le Conseil Général de la Nièvre est présidé depuis 47 ans très exactement, par un socialiste et les électeurs de ce département ont manifesté les 20 et 27 mars leur volonté de poursuivre dans cette voie, je les remercie très sincèrement de cette confiance renouvelée.

 

En effet, le 18 mars 1964, le conseiller général du canton de Montsauche : François Mitterrand était élu Président et je ne résiste pas au plaisir de vous citer un passage de son discours d'alors qui marque le chemin parcouru :

 

« Il est tout à fait inutile que je développe en ce moment tel ou tel thème de travail du Conseil Général. Ce serait de ma part présomptueux puisque je ne dispose encore que de quelques notes et que Monsieur le Préfet n'a pas eu le loisir de me transmettre les informations nécessaires.

 

Je dirai seulement que dans cette enceinte siège une assemblée essentiellement républicaine en un jour où la plus grande partie des travailleurs manifeste son droit à la justice sociale. »

 

L'histoire est un perpétuel recommencement... et c'est à nouveau aujourd'hui du canton de Montsauche qu'est issu le Président du Conseil Général, après une élection marquée par des préoccupations et des inquiétudes similaires à celles émises par les Nivernais.

 

Prédécesseurs :

   

Ce clin d'œil de l'histoire - ou bien cette prédestination du territoire... ­qui relie 1964 à aujourd'hui, me permet de rendre hommage à tous mes prédécesseurs qui ont participé à la construction du département de la Nièvre tel que nous le connaissons aujourd'hui :

 

François Mitterrand qui innova en matière de pratiques politiques et fit de la Nièvre le laboratoire de la décentralisation qu'il allait instaurer dès son élection à la Présidence de la république,

 

F. Mitterrand, conseiller général du canton de Montsauche dont je ne suis pas l'héritier ; nos histoires locales ont été successives, je suis arrivé dans des fonctions électives après qu'il en soit parti. Néanmoins il m'avait témoigné d'une reconnaissance et d'une estime qui m'honore en me proposant de prendre des responsabilités que les circonstances du moment mais surtout son décès et celui de Pierre Bérégovoy n'ont pas permis de faire aboutir,

 

Noël Berrier qui eut à la mettre en œuvre et à construire les bases d'une collectivité départementale de plein exercice,

 

Bernard Bardin qui en conforta les contours et engagea une forte politique de développement local et de contractualisation entre le département et ses territoires,

 

et enfin Marcel Charmant, dont je salue la présence parmi nous, qui eut à combattre un pouvoir re-centralisateur et à défendre pied à pied l'autonomie d'action de notre collectivité départementale.

 

Permettez que je m'arrête un instant sur Marcel Charmant, qui préside notre assemblée depuis 10 ans, pour la manière dont il a géré notre institution départementale dans des circonstances qui ont été de plus en plus difficiles avec les lourdes charges transférées par l'Etat. De plus, malgré un contexte économique difficile depuis trois ans et alors même qu'il avait annoncé qu'il ne se représentait pas, il a engagé notre assemblée dans une réflexion sur l'avenir de notre département à 10 ans avec notre projet Nièvre 2021.

 

Au-delà de cela nous avons tous pu apprécier ses qualités humaines et la simplicité de son contact.

 

Je retiendrai de lui, et j'essaierai de m'en inspirer, que le fait d'accéder à cette responsabilité et au-delà a toute responsabilité, confère des devoirs et aussi des droits pour exercer ces responsabilités mais ne confère en revanche aucune dignité humaine supplémentaire vis à vis de chacun.

 

Cela incite à l'humilité, à l'humanité !

 

Une pensée pour Alexis Guétrot, maire d'Ouroux, conseiller général de Montsauche et président du conseil général en 1901 auquel on doit le « tacot », Corbigny-Saulieu ; il a amené le train sur une partie de Morvan. S'il fallait actualiser cette décision, ce serait amener le TGV ! L'honnêteté intellectuelle m'oblige à écarter cette promesse mais en revanche à m'engager à défendre la LGV dans son tracé le plus favorable pour notre département.

 

L'enjeu des infrastructures est fondamental ; je veux dire ici ma détermination à y travailler, soit pour favoriser les investissements de l'Etat ou des Opérateurs publics en matière de liaisons ferroviaires, autoroutières (achèvement A77) et routière (modernisation de RN151) soit pour que le conseil général y prenne sa place (ce sont notamment les infrastructures TIC dont le travail est à poursuivre pour passer du haut débit au très haut débit).

 

Travailler à l'avenir

 

D'une manière plus générale, dans une société de plus en plus « inhumaine » - au sens où l'intérêt de l'humain n'est plus au centre du projet de société - nos collectivités locales ont plus que jamais vocation à allier vision de l'avenir pour notre territoire et organisation de la solidarité et des conditions d'un mieux vivre ensemble.

 

Le cadre dans lequel nous allons inscrire notre action pour les prochaines années, est connu. Depuis plus d'un an nous travaillons au projet territorial durable « Nièvre 2021 » adopté par notre assemblée en décembre dernier. Ce programme d'action est le fruit d'une réflexion partagée avec l'ensemble des partenaires du territoire départemental et avec les Nivernais eux-mêmes.

 

Sa construction est participative, sa mise en œuvre sera évolutive et collective.

 

Il s'agit d'un projet en mouvement dont l'ambition dépasse le cadre restrictif des compétences du Conseil général pour atteindre une vision partagée du territoire et de son devenir.

 

Ce rôle d'animateur et de développeur du territoire pour le Conseil Général, voulu et assumé par notre majorité départementale, nous le revendiquons avec force. Il est celui d'une collectivité de proximité impliquée dans l'action locale, soucieuse d'anticiper les évolutions sociétales, de combattre des régressions territoriales et de libérer les énergies et les imaginations qui sont la richesse de notre ruralité.

 

Il faut en effet envisager l'action du conseil général dans le cadre de cette double responsabilité vis-à-vis de l'institution et vis-à-vis du territoire, des responsabilités distinctes et complémentaires.

 

Responsabilité de la mise en œuvre des compétences qui relèvent en propre du conseil général ; je pense en particulier au domaine social où sont les charges principales mais aussi les opportunités à la fois individuelles et collectives ; il nous faut poursuivre une gestion renforcée, toujours plus efficace, dans ce domaine et inscrire notre activité dans une démarche de développement social et territorial de manière toujours plus exigeante.

 

A ce moment, je voudrais vous dire qu'il n'y a pas de mon point de vue de compétences obligatoires qui devraient être exercées parce que la loi y oblige et des compétences facultatives qui seraient accessoires (ou excessives !).

 

La vraie distinction se situe entre les compétences prioritaires qui incluent les compétences obligatoires mais aussi des compétences facultatives, mais néanmoins vitales, pour le territoire et les autres compétences qui peuvent être qualifiées d'accessoires.

 

Car comme je viens de le dire notre seconde responsabilité est celle du territoire dont nous sommes les seuls représentants légitimes et pour lequel nous avons à tracer la voie comme nous l'avons fait dans le cadre de Nièvre 2021, projet territorial de développement durable c'est-à-dire articulant les enjeux économiques, sociaux, environnementaux et culturels et l'engagement à ne pas sacrifier le long terme, c'est-à-dire les générations futures, au profit du court terme.

 

L'enjeu majeur auquel nous avons à faire face est démographique ; à cet égard, je veux rappeler que notre département est redevenu attractif il y a plus d'une décennie. Il y a plus de personnes qui y viennent que de personnes qui en repartent. Si son solde naturel reste négatif, certaines projections le rendent à nouveau en croissance démographique dans la prochaine décennie. Il y a de l'espoir. Nous devons poursuivre nos efforts d'accueil des nouvelles populations. Nous devons également poursuivre nos efforts en faveur de toutes les générations, les jeunes et les moins jeunes et revendiquer les caractéristiques d'âge de notre population. Il n'y a pas d'incompatibilités, il y a même des opportunités. Revendiquons nos aînés comme nous revendiquons nos jeunes.

 

Sur le plan économique et de l'emploi, nous avons un réel potentiel surtout si nous savons saisir les opportunités de ce qui pouvait apparaître il y a encore quelques temps comme un retard.

 

Notre département a vocation à apparaître comme un laboratoire de l'éco développement,l'agriculture je n'y reviens pas, la forêt, la filière bois, ce sont des évidences.. l'automobile, nous avons une image avec Magny-Cours, des entreprises, le tournant récent vers la voiture de demain doit être conforté.

 

Dans le domaine touristique vert, la Nièvre a vocation à enrichir l'image classique de la Bourgogne du bien vivre (patrimoine, vins et gastronomie) par celle d'une Bourgogne du bien être (celle du ressourcement grâce, à nos espaces naturels, à l'air, à l'eau.. . mais aussi de l'art.

 

Nous avons vocation aussi à apparaître comme la Bourgogne de la culture vivante, pour le tourisme mais aussi pour la population permanente et l'accroissement de notre attractivité.. Une Nièvre qui apporte au Patrimoine de la Bourgogne mais surtout une Nièvre qui cultive son dynamisme artistique.

 

Une Nièvre, Laboratoire de l'éco développement, c'est une Nièvre qui s'appuie sur son potentiel naturel et valorise ses ressources comme son paysage ou son eau qui la caractérisent mais qui, dans le même temps est attentive à leur préservation.

 

Cela trouve particulièrement à s'appliquer dans le domaine de l'énergie. Lorsque l'on voit ce qui se passe au Japon, nous avons à nous réjouir de nous être donné l'objectif d'aller vers une autonomie énergétique grâce à la palette diversifiée des énergies dont dispose notre département notamment au niveau des énergies renouvelables.

 

Nous avons des atouts pour peu que nous nous regardions avec un regard neuf et que nous nous efforcions de ne pas nous banaliser ; pour peu que nous écartions la tentation d'essayer de nous fondre dans la masse de l'uniformisation. Travaillons à nous différencier, à nous distinguer c'est notre voie de salut dans une société en forte compétition ; il nous faut être incomparable !

 

 

Réforme territoriale

 

Ce rôle d'animateur et de développeur du territoire pour le Conseil Général, voulu et assumé par notre majorité départementale, nous le revendiquons avec force. Je le disais plus haut.

 

Portons ces couleurs haut et fort et revendiquons cette liberté d'action issue de la décentralisation, ici dans cette enceinte, dans nos communes et dans nos communautés de communes, sur nos territoires et auprès de chaque nivernaise et de chaque nivernais.

 

Ces valeurs il nous faudra les défendre avec détermination et opiniâtreté dans les semaines, les mois et les années qui viennent, face à la « machine à réformer à l'aveugle » pensée selon des schémas intellectuels de responsables issus des villes, d'une culture urbaine et d'un gouvernement dont l'objectif fixé est « l'évaporation des départements » et la recentralisation du pouvoir.

 

Je crois en un département de la Nièvre qui existe depuis 1790 ; je crois en un conseil général :

 

-   gestionnaire efficace des compétences qui lui sont confiées,

-   protecteur, notamment pour les plus fragiles et face aux désengagements de l'Etat,

-   innovant, afin tirer le meilleur parti de notre territoire pour en assurer son développement.

 

Je crois à l'avenir de la Nièvre, à son potentiel qui apparaît encore plus fort aujourd'hui qu'hier car notre territoire dispose de réels atouts pour affronter les crises économiques, sociale, environnementale, écologique ou énergétique que nous subissons.

 

Je crois également à la politique qui cherche à inverser ou à infléchir le cours « naturel » des choses. Travailler à l'avenir de ce département qui m'est cher puisque j'y ai mes racines, est la motivation qui explique mon engagement dans des fonctions électives depuis de nombreuses années.

 

Le « Morvandiau Patrice Joly » dont parlent parfois les médias est aussi le « Nivernais Patrice Joly » avec ses expériences, d'enfant, d'adolescent et enfin d'adulte dont les souvenirs se retrouvent sur l'ensemble de l'espace départemental et sont autant de lieux d'ancrages issus d'activités scolaires de Montigny en Morvan à Nevers en passant par Château Chinon, d'activités associatives notamment dans le domaine sportif ou culturel d'engagements électifs.

 

Aussi si je ne renonce pas à mes racines morvandelles, je veux dire à l'ensemble des nivernais que je me sens pleinement nivernais.

 

Fort de la confiance que vous venez de me témoigner et assuré de votre soutien, c'est à cette action que je m'engage dès maintenant.

 

Je sais aussi pouvoir compter sur une équipe d'élus de la majorité impliqués dans le cadre de relations amicales permettant d'allier plaisir d'être ensemble et efficacité.

 

Ensemble unis, avec tous nos partenaires et les Nivernais nous saurons travailler pour que Vive la Nièvre.

 

En Nièvre cultivons notre humanité ; la Nièvre donne un supplément d'âme.

Par groupe socialiste - Publié dans : Sessions du Conseil Général
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 11:00

Le Président de la République et le gouvernement qui n’ont respecté aucune des règles de bonne conduite  de la politique économique prétendent  inscrire dans la Constitution une règle de limitation du déficit public et donc faire appliquer par leurs successeurs des préceptes qu’ils ont piétinés sans vergogne.

 

Mais cette initiative ne fera pas oublier la responsabilité de la droite dans l’explosion des déficits publics et de la dette qui n’a jamais été aussi élevée depuis 1945.

 

En effet, la crise n’explique que le tiers de la hausse du déficit depuis 2002, le reste étant imputable à une politique de droite et particulièrement aux mesures fiscales prises depuis 2007 : exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires, baisse de la TVA dans la restauration, bouclier fiscal, allégement des droits de successions….Autant de mesures qui ont durablement amputé les recettes fiscales.

 

Ce n’est pas une réglementation constitutionnelle qui n’est qu’une opération de communication  qui fera oublier  la responsabilité écrasante de la droite dans la dégradation des comptes publics et l’inefficacité des politiques menées qui ont conduit au démantèlement des services publics , au ralentissement de la croissance et à l’explosion des inégalités mais une réelle volonté politique.

 

Jean-Louis Rollot

Par groupe socialiste - Publié dans : information générale
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 10:58

La principale préoccupation du gouvernement est actuellement de réformer l’ISF dont bénéficient les 300.000 français les plus aisés et en méconnaissant totalement le quotidien de millions de Français.

 

Bien sûr,  ce sont les 6 millions de chômeurs et de personnes en situation de précarité, les 11% de nos concitoyens qui travaillent dur pou le SMIC et les 17% de travailleurs à temps partiel mais également les 30% de travailleurs qui, après une revalorisation de 1,6% au 1er janvier, perçoivent un revenu net de 1.070€ par mois.

 

Une nouvelle hausse du prix du gaz de 5%, une augmentation de l’électricité de 20% en un an, l’envolée des prix alimentaires, la flambée des cours du pétrole et le boom des prix à la pompe, l’augmentation des assurances automobile et habitation de 5%, la hausse des complémentaires santé et celle du forfait hospitalier, la hausse de 2,5% des loyers, voilà ce que vit la majorité des Français qui cumulent les découverts bancaires et doivent choisir entre se chauffer et se soigner.

 

A l’heure où les entreprises du CAC 4O affichent des profits recors (82 milliards d’euros en 2010), Cette situation insupportable ! il faut revoir les salaires à la hausse pour que toutes ces familles puissent faire face à leurs échéances.

 

Jean-Louis Rollot

Par groupe socialiste - Publié dans : information générale
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